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Le Territoire                                                                

Le territoire de la commune de Lieuvillers, tel qu’il a été déterminé au début de l’ère révolutionnaire, avec sensible modification des limites des anciennes paroisses de Lieuvillers, et de Saint Rémy en l’eau, s’étend sur une superficie de 924 ha, en longueur de l’est à l’ouest, depuis l’intersection de la route de Lieuvillers à Montiers et de celle d’Angivillers à Pronleroy Jusqu’à la RN16 de Paris à Dunkerque, par Amiens, au pied de la Montagne rouge d’Argenlieu. Sur ce dernier point le territoire est en limite de la ligne de faîte qui prend naissance à Grandvillers, passe par Crevecoeur, Nourard , Saint Rémy en l’eau où elle coupe à angle droit la vallée de l’Arre) Noroy, Bailleuil, le Fayel et finit à Rivecourt sur les bords de l’Oise.

Le territoire offre l’aspect d’un vaste plateau d’une altitude moyenne de 122 m, sans butte ni tertre, sans fontaine, ni source, à peu près dénudé et sillonné par de nombreuses ondulations. Ces ondulations forment des vallées sèches dont les principales se rencontrent autour du plateau des Nœuds vers Pronleroy et à l’extrémité du fief d’Harraville où se dessinent dans la direction de Montiers, des plissements de terrains qui, s’ils ne constituent pas l’ancien de l’Arronde, et ce n’est pas certain puisque lors du percement du puits pour l’alimentation en eau potable de Pronleroy on a pu constater qu’il existait un courant au fonds du forage qui a été fait précisément dans cette vallée au bord de la route d’Angivillers à Pronleroy et à l’entrée de ce village.

Cette petite vallée facilite l’écoulement des eaux pluviales vers le marais de La Neuvilleroy. Plusieurs de ces vallonnements de moindre importance ont été nivelés à la suite de la culture intensive, la fructification de plus en plus recherché du sol arable et la disparition des rideaux mais ce nivellement des pentes et des creux n’a pas été sans nuire à l’écoulement des eaux pluviales, qui en cas de trombe, heureusement peu fréquentes dans la région, produit un certain reflux de vase et de boue destructif des récoltes. La craie blanche occupe comme dans tout le bassin de Paris, la plus grande partie du sous-sol. Elle n’apparaît à la surface qu’à des points extrêmes du territoire à la vallée des Serans vers la Montagne rouge d’Argenlieu et sur la pente exposée au Sud du fief d'Haraville vers Pronleroy.

Le sol de ces dépendances crétacées avait été planté en sapin et ces bois ont été exploités aussitôt après la guerre 1940 - 1945. Actuellement la végétation est en taillis sauvage, ce qui fait le bonheur des chasseurs de Lieuvillers, ces bois ayant été acheté par la Société de Chasse. L’argile et les silex constituent les éléments du terrain superficiel de la craie. L’argile ou plutôt la terre argileuse domine quand la surface est horizontale, les cailloux se manifestent en raison directe de l’inclinaison du sol. Ces phénomènes géologiques sont apparents dans les pentes inclinées vers l’ouest où ne pointe pas la craie, mais où les cailloux souvent menus ont été dégagés de leur gangue argileuse par l’érosion des eaux pluviales, principalement dans la partie des vignettes d’Haraville au-dessus du chemin de Pronleroy et en direction du taillis du bois du chapitre(vente d’une terre aux vignes d’Haraville acte de Noel notaire du janvier 1775) dans la région des vignettes en limite du territoire d’Angivillers et à l’extrémité des lieux dits : l’Enfer ou la vallée Chaudron.

Dans les lieux à peu près horizontaux, là où elle a subi l’action de l’eau sans mélange de sable, l’argile est compacte et très tassée, elle forme une couche imperméable qui, alors qu’elle est plus ou moins profonde, est favorable ou nuisible à la végétation. Contrairement à ce qui se produit vers Rouvillers et Warnavillers où la fertilité du sol résulte d’un mélange d’argile et de sable, la terre arable à Lieuvillers révèle un diluvium épais et même un peu froid. Pour remédier à l’inconvénient de ces dépôts qui s’opposent à l’écoulement des eaux par infiltrations, il devient nécessaire d’effectuer des apports en marne ou en résidus industriels à base de carbonate de chaux. Le plan cadastral de 1826 a reproduit la division du sol telle qu’elle existait sur les anciens plans terriens. L’accroissement de la propriété individuelle a résulté de l’aliénation des immeubles possédés par des établissements religieux. La terre séculière de Lieuvillers pendant la période révolutionnaire était restée aux mains de M.de Francilien son propriétaire qui était demeuré en sa résidence de La Chapelle en Serval, près de Senlis, et ne fut pas condamné comme suspect aux nouvelles institutions. Cependant, les conventionnels Jacques Isoré et Collot d’Herbois n’avaient pas hésité à signaler au comité du salut public, les prétendus troubles suscités par le citoyen Francilien, Maire de La Chapelle en Serval et de l’envoyer au tribunal révolutionnaire (mémoires de la socité archéologiques de Clermont, an 1907 et 1909)